18.06.2009

...nous on crève...

090401 10eme 5.jpgAmi, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines,
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne,
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme
Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades,
Ohé les tueurs, à la balle et au couteau, tuez vite.
Ohé saboteur, attention à ton fardeau dynamite...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves.
Ici, nous vois-tu, nous on marche et nous on tue... nous on crève...

Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait, quand il passe.
Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute...

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines,
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne,
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme
Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.

Paroles de Joseph Kessel, Maurice Druon
Musique de Anna Marly

ici

26.06.2006

Eternité.

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"J'ai des rêves pour toute une vie".

"J'ai toute une vie de silence à explorer."

"La vie n'existe pas en dehors de soi. Mort tu ne parles pas aux vivants, vivant tu ne t'adresses pas aux morts."

Seule ta vie intérieure est importante. C'est elle qui survit. Le reste disparaît."

" J'ai marché sur des trottoirs vides, lu des mots doux ici et là, puis j'ai pensé à nous, à tout ce que nous étions, tout ce que nous fûmes, à mes rires et à la douceur de ta peau, aux sourires éclatants que tu réservais à chacun de mes retours. J'ai retrouvé un jour sur ce banc le surnom que tu m'évoquais. Mais je n'ai pas souris. J'ai pris la photo pour ne pas oublier."

11.02.2004

Si je pouvais, je t'écrirais.


podcast
 

Tellement de mots cachés sous la pierre des instants précieux, tant de mots qui affleurent au point des blessures, fâchés de devoir se planquer dans l’obscurité.
Il serait si simple d’ouvrir les abcès du silence avec la pointe de l’arme.
Rien ne l’empêche, pourtant...
Pourtant, je continue à me taire, à additionner les pages blanches entre nous, les longues plages de silence.
La peur de te voir disparaître m’impose ce silence : un silence blessé par la pointe des mots retournés.
Si je pouvais, vraiment je t’écrirais.
L’arme est un langage qui se dit comme il s’écrit sans fard aucun.*
L’arme a l’acier réfléchissant, la pointe tranchante, le gris clair.
Elle se passe de commentaire va où l’essentiel l’appelle.
L’arme est ma passion secrète, mon amie de toujours. Pourtant, face à toi elle ne m'est d'aucun secours, elle gît, inerte; dans son écrin de silence obstiné.

*langage déssiné

dit

écrit

sans fard aucun.

corps nu . mot . pierre délavée. corps. mot. nudité. 

J'ai toujours écrit avec la pointe de la pierre contre le sol dur. J'ai toujours écrit avec les doigts abîmés de s'être frotté contre les murs. J'ai toujours écrit les dents serrées contre la langue mordue. J'ai saigné avant d'écrire. J'ai toujours saigné d'écrire. J'ai souvent mordu la pierre pour en éprouver le goût. J'ai parfois léché la pierre pour le sel. Et souvent j'ai mangé des mots à la place des aliments, aimé des mots à la place des êtres, rêvé des mots avant d'aimer le silence. Des mots pour des choses, des êtres, des mots en place et lieu de ce qui existe et puis parfois j'ai réalisé que les mots étaient des corps aussi. Les mots pouvait s'habiller et se dénuder. Les mots pouvaient trembler et se cacher. Les mots pouvaient rire ou sourire, aimer ou pleurer. Ils avaient la capacité de se flêtrir et de disparaître. Ils étaient parfois trés laids, à d'autres moments gracieux, légers, aériens, envolés, planants... Devant toi je ne sais pour quelle raison ils se dérobent obstinément, ils sont lâches, ils se planquent les uns derrière les autres comme des fautifs ou des coupables, peut-être craignent-ils leur force, leur pouvoir, celui qui interrompt ton souffle, qui suspends les battements de ton coeur à une ligne, une phrase, une virgule, une intention devinée, suspectée. Est-ce de se savoir lus qui les effraient, de se savoir tant écoutés, tant attendus? Sont-ils devenus si discrets qu'il faille se pencher pour les entendre parce qu'ils murmurent au lieu de dire?

(Vraiment si je le pouvais je t'écrirais.)

 

 

10.02.2004

Ecris en silence I

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Ecris, n'écris plus, ecris puis plus.
Ecris en silence, écris le silence.

 

On n'aime pas le silence.
On n'aime pas l'absence.
Pourtant on écrit dedans.
En dedans, à l'intérieur.
Contre les parois fermées du souvenir.
On gratte des morceaux de temps à mettre en mouvement

Des morceaux d'antan à ré accorder.

L'accent voyage. La virgule aussi.

Contre la trame visible, la phrase saisie, pantelante, démembrée, frappe l'intérieur du verbe, aspire des courants d'air glacé, expire des clameurs, abats les portes réels ou irréels.

Donne la voix, fais résonner, sonne, et appelle encore, les cloches défoncées, les poupées scellées, les arbres couchés. Une porte abattue frappe les blocs disjoints d'un perron d'église, crissent les graviers contre le verre des pupilles écartées.

Les paupières se soulèvent.

Regarde.

Noir. Bleu. Nuit.

Arpente les allées du souvenir.

(Ecris en silence).

09.02.2004

Ecris en silence II

Tu vois une porte dont la peinture s'écaille. C'est elle qui vient de s'abattre sur le front, sur le perron. (Je sais on ne dit pas le front pour le sol, pourtant il est blanc, lisse comme ton front là. Que je regarde maintenant. Sur lequel j'envoie mes yeux rêver, se poser en papillons discrets). Tu voudrais comprendre. Pourtant jamais je n'expliquerais ce passage du temps entre nos lignes, cet arrêt brutale, cardiaque, désordonné. Je vais faire quelquechose que tu ne comprendras jamais. Je vais ouvrir la porte de ce temps, ouvrir la porte et tu ne verras rien d'autre qu'une lumière blanche qui te sembleras être la couleur même de l'air. Tu essaieras de respirer. Mais de ton visage convulsé tu n'obtiendras rien d'autre qu'une lamentable grimace. Je sais ça parait fou dis comme ceci...Mais attends un peu et tu verras ce que le Temps fait à ceux qui essaient de l'arrêter. Il les envoie respirer sa poussière, sa craie. Respirer de la craie. Ca parait fou dis comme ceci. Mais tu vois bien que dans ce poéme les portes s'abattent et les pupilles crissent, rien n'est vraiment normal ici. C'est l'oeil du temps. Celui qui nous observe constamment, celui qui juge et frappe,  condamne et emprisonne dans ses filets, nos corps convulsés.