05.07.2009
Paris.

Je m'baladais sur l'avenue le cœur ouvert à l'inconnu
J'avais envie de dire bonjour à n'importe qui
N'importe qui et ce fut toi, je t'ai dit n'importe quoi
Il suffisait de te parler, pour t'apprivoiser
Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées
Tu m'as dit
"J'ai rendez-vous dans un sous-sol avec des fous qui vivent la guitare à la main, du soir au matin"
Alors je t'ai accompagnée, on a chanté, on a dansé
Et l'on n'a même pas pensé à s'embrasser
Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées
Hier soir deux inconnus et ce matin sur l'avenue
Deux amoureux tout étourdis par la longue nuit
Et de l'Étoile à la Concorde, un orchestre à mille cordes
Tous les oiseaux du point du jour chantent l'amour
Aux Champs-Elysées, aux Champs-Elysées
Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit
Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées
Bon voilà, ça y est paris, est à moi, à nous
Tout le monde est en vacances
Et hop la hop zou à la plage!
Quel bonheur!
Et voilà j'ai trouvé le titre qui fera la journée /

22:52 Publié dans Esquisse. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.12.2007
Fleur d'hiver
On ne parle pas quand on a rien à dire.
Ca fait désordre tout ce silence.
Ca fait silence.
On ne parle pas dans le silence.
On écoute simplement.
Qui a encore quelque chose à dire ?
Non pas quelque chose. Quelqu'un.
Le silence à sa voix particulière. Une voix profonde et souterraine, emplie de cailloux, de graviers et de branches. Le silence est une rivière en crue une nuit d'hiver pluvieuse aux prises avec le vent.
Dans l'obscurité une surface luisante révèle sa présence. Avec lui, la nuit s'étend plus libre, plus profonde. Seuls des silhouettes d'arbres dénudés, masses sombres dans le lointain chantent gravement. Une pluie battante, un vent tourbillonnant, des feuilles emportées, des branches cassées. Il semblerait qu'une tempête se soit levée.
Mais personne ne parle autour du feu à l'intérieur des maisons. Les volets sont clos, les rideaux tirés. On écoute simplement résonner l'orage, tourbillonner le vent, se déchirer les arbres alentour. On a certainement rien à dire. D'ailleurs le dire ici n'est pas très répandu. Il est silencieux l'homme qui regarde le feu quand sa femme vaque alentour. Le grand arbre souffre, gémit mais ce n'est qu'un arbre car les hommes d'ici connaissent le son de la voix qui s'éteint un jour et que plus personne ne rallumera. On ne parle pas. Et après on ne parlera plus. On laissera tomber la pluie battante de la vie qui continue avec ou sans soi. On ne s'occupera plus. On regardera à peine. La vie d'ici est une vie de peine qui s'obstine à venir cogner aux carreaux.
23:20 Publié dans Esquisse. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.06.2007
Mouvement.
D'un seul mouvement la terre amplifie la plénitude des ombres en se dévoilant ce matin comme la rondeur d'un ventre plein. Midi au sommet de son art, midi au coeur de la brulure bien réelle d'un soleil réglé sur la température la plus haute. Déambulation nonchalante du matin qui accompagne mes pas dans le silence de la maison desertée. Au réveil, j'ai toujours la sensation étrange d'être seule au monde. Quel bonheur soudain de n'avoir aucun mot insignifiant à prononcer. Sauvagerie. Au réveil, j'ai souvent l'étrange sensation de ne jamais me réveiller, de ne jamais quitter un rêve si profond qu'il s'apparenterait à une visite en fond sous marin. Silence. J'entends une respiration. C'est encore la mienne...Je la laisse vivre, ne tente pas de contraindre l'oxygène qui entre et sort. J'allume la première cigarette. Fais couler le café dans la tasse, ouvre un oeil désabusé sur mon corps viellissant, sur ces pensées stagnantes de la nuit écoulée. Songes et pensées. Idées et sensations. Plaisir et bien-être quand je croise dans le ciel la colonie d'oiseaux venue se restaurer sur le cerisier du jardin. Milles et un volatiles pépient, voletent, jouent légers à suspendre les clauses des lois de la pesanteur.
Les fleurs blanches éclatent dans la toile électrique du bleu printemps, du bleu violent, du bleu uniforme. Mes yeux brûlent de trop de lumière.
Je retrouve l'ombre et la fraicheur de la maison, la tranquillité des pages vierges, ces terres d'asiles. Le vent joue avec le sommet des branches lourdes de feuilles, de fleurs, d'oiseaux. Le ciel s'éloigne, la terre aussi. Je rejoins d'autres territoires.
L'equisse d'un mouvement vers l'ailleurs, celui qui ne nous quitte jamais, quelle que soit la couleur des murs qui nous cernent, des habitudes qui nous consument lentement, des ennuis qui nous assaillent, des imbéciles qui nous distraient, des passions qui nous ravagent et nous laissent pantois, vidés, aspirés, dénudés, l'ailleurs est celui qui nous porte constamment au-delà de nous mêmes, de nos petites peurs, angoisses, histoires, épisodes : de nos petites vies.
Au-delà, toujours au-delà, de ce qui est à l'origine possible d'être, de faire, de rêver.
Dans ces longs trajets poétiques que chacun peut découvrir, offrir, transmettre, traduire il existe la possibilité de trouver cet îlot où le temps à cessé d'être le décompte implacable vers la fin.
Les aiguilles de l'horloge, arrêtées sur l'eternité, comme un battement suspendu, indiquent la direction de ce passage secret.
Le souffle suspendu en attente de ciel bleu. Brossant la toile uniforme, quelques mots s'improvisent danseurs de samba, de tango, flamenco, Suspendus à leurs cous, des oiseaux enguirlandés de fleurs blanches, mouillés d'abeilles bruissantes, passent d'un cavalier à un autre. Pas d'avant sur arrière. Brode le paysage aux heures bien sages, bleues, des matins d'étés. Un souffle et pas de mot. Un silence s'offre au bras d'une demoiselle légère, papillon valsant sur le cil énamouré d'un Hidalgo de passage. Pas si sage ou trop. Lancine la valse, aimante le tango, amourache la samba alanguie. Passons la minute d'ébahissement, au fond la lame tranchante, nous laisse tous pantois... Pas si secret le passage!
07:30 Publié dans Esquisse. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.12.2006
Largesses d'étoiles.
Obscure. Sauvage.
Attachée à répandre, dispenser.
Des largesses d'étoiles, des caresses de vent.
Nuit sereine.
La terre laissée aux vents, aux humidités de marécages, aux embruns de passages.
Nuit hautaine _ qui ne se laisse pas voir ainsi.
Se dérobe aux regards, aux êtres.
Prends des allures de course de nuages gris.
Des allures de femmes fatales aux cheveux gris.
00:20 Publié dans Esquisse. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.12.2006
Courbes.
Courbes. double.

Toutes ces passions nous bouleversent, renversent et modifient nos paysages intérieurs. Les bouleversements sont fascinants; on est éblouit, stupéfait par la beauté, la violence des éléments quand ils tournent et retournent leurs membres emmêlés à la recherche de leur équilibre. Aller à la rencontre de cette nature tumultueuse nous révélera d'innombrables failles; des déchirures qui pourtant recomposées par le regard, unifiées par la pensée, le récit retrouveront leur sens premier.
Courbes. autre.
Passions acharnées à se survivre, tumultes et désirs dans nos yeux étoilés. Ce ne seront pas les larmes qui emporteront les traces de nos délires. Folles et fous liés, allumés et déjantés, détruits et ravagés, nos tumultes provoqueront les rires dont nous avons besoin pour continuer. Va, cherche, provoque, inspire, instruits les cieux de tes musiques intimes, rêves! Ne perds pas le temps. Vole! Envole! Empare-toi des âmes de passages, emplit les de tes mots, pare les de tes songes... Survis à tout, traverse la mort, détruit la! Dans les éclats de tes rires je lis l'avenir, je lis mon désir de toi. Le délire me prend. Rien ne me plait tant que le bonheur de ressentir ce vertige une dernière fois. Choisir l'exil volontaire, au coeur des tempêtes amoureuses
Support, corps.
Le corps dessiné, souveraine reproduction de soi, souvent dissimulé, retranché, entouré de voiles et de brumes, s'éloigne du regard qui étreint, enserre; s'éloigne du regard, prends son envol dans l'imaginaire, celui dont nous sommes les créateurs, dont nous tirons les grains lumineux destinés à l'enrichir. Posé comme un objet à contempler, il se dénoue sous notre observation attentive, découvre sa trame ligneuse, essentielle, défait les liens qui le retienne encore. Objet du regard, sujet de la rêverie, il est l'élément fondamentale sur lequel se fixent les impressions, voyagent les reflets, passent les nuages.
Courbe. Regards, regarder.
Au centre l'oeil. Au centre le regard. Au centre la possibilité de voir. Les spectacles du monde, les entrées théâtrales du jour, les voiles célestes, les mouvements d'air, les remous de l'eau, l'image de ce qui ici nous retient, nous oblige à rester, à demeurer le spectateur subjugué d'une nature sans cesse renouvelée.
Courbes. transfert.
Regarde encore le ciel regarder la terre. Regarde toujours les mots se perdre dans l'univers. Regarde sur les eaux, les yeux, paupières et pupilles ouvertes, effleurer le fil de tes pensées. Regarde à l'infini tout ce que tu ne comprends pas, ce que ton oeil ne peux saisir. Matière morte tournant dans l'espace, comme l'esprit dans le vide ou la main dans ton corps à la recherche d'un plaisir certain. Le désir floue. Il déjoue tes volontés, oriente la quête vers l'en dedans. Ainsi ne plus comprendre cette course absurde... Le mot tu l'écris, tu ne le dis plus, ne le prononces plus. Faire flamber masques, costumes de carnaval, faire flamber! Exécuter les faux-semblants. Ce qui nous occupe est secret. En silence travaillent les forces qui se jouent de nous. Brûlent les souvenirs, croissent les herbes nouvelles.
Courbes. Extinction.
Dans le soir flamboyant, l'extrèmité d'une de ces courbes vient de mourrir dans l'obscurité. On ne retrouve jamais une courbe éteinte. Elle se perd, s'évanouit avant le réveil, avant que les paupières ne soulèvent le jour, avant que les lèvres ne recomposent le langage du réel, que ne disparaissent les images de la nuit, les sensations procurées par ce long trajet qui nous aura conduit au-delà du réel. Pour un temps seulement, ce segment arraché au néant aura pris par magie la couleur de l'éternité.
20:00 Publié dans Esquisse. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.12.2006
Creux

Pose 1_ "Sur ta main j'aurais glissé une larme. Tu te serais penché pour la boire, mélancolique. Le trajet de l'eau sur ta peau aurait provoqué un regard chargé de désir, une intention voilée par la retenue. Je sais imaginer tes gestes. Je devine tes mots. Tu te tais toujours beaucoup lorsque nous sommes l'un prés de l'autre. J'irais bien parfois respirer cette odeur de parfum sur la peau de ton cou. Laissant traîner mes lèvres plus que de raison... Seulement je te préfères aussi lointain que je le suis, aussi inaccessible, aussi parfaitement intouchable que l'est pour un être de chair la statue de marbre. " Pose 2_" Garder une goutte d'eau prisonnière de ses cils. Imaginer le trajet qui la mènerait de ton poignet jusqu'au dessus de ta main. La regarder plonger dans le creux de l'os. Avoir envie de se pencher pour la boire. Penser intensément à l'invitation qui tarde à se former sur tes lèvres. Puis penser à autre chose. " Pose 3_"Regarder l'arc de tes sourcils. Ils sont fournis. Penser à tout ce qui s'affronte derrière cette apparence plissée; peau du visage contre l'os du front. Apprendre à déjouer les pièges de cet arc. Ne pas commencer à rêver alors que le pli est à peine formé. Retourner à ses pensées personnelles pour ne pas déranger. Puis se dire en souriant à demi que le moindre mouvement de ton visage déclenche des cascades de réflexions . Ne pas chercher à comprendre et résister." Pose 4 Longtemps me perdre dans ton regard. Aller chercher du sens et des éclats dans les plissements de ton oeil. Inventer ce langage en te regardant. Une ode à la fascination, une ode au plaisir fasciné par ce regard de Méduse. Comme souvent s'absorber dans la contemplation des étoiles apporte la paix; l'apaisement ancestral de ne se savoir rien auprès d'un millénaire de sédimentations, d'explosions et de créations géologiques inscrit ceux qui ont refusés de s'affilier à la lignée humaine dans l'invention d'une affiliation minérale. Pierres et minéraux, facettes à multiples reflets. Angles tranchants, arrêtes, satin de surfaces policées, ambre parfumée, terre friable. Te retrouver sous la voûte glacée. 1_Courbures parcourues de frissons, voilure gonflée par le temps, sensible, habité, où l'on insuffle des chaleurs et que l'on abandonne au froid de l'air pour en faire durcir la surface. 2_Peau nouvelle comme tambours anciens, tendue prête à tout rompre, une caresse te fait murmurer, une autre emplit ton ventre d'un champ de souffles. La résonance d'un gouffre. Le mouvement de l'air. Peau tendue posée sur la surface de l'existence, paravent sous la forme des voiles lourds frotte au sol, la boue. 3_Parler, discuter. Stérilité du discours s'il ne bouleverse rien, ne renverse pas, n'invente pas. 4_Silence sous forme de diktat, de prescription, de retour à l'immémorial, de réinvestissement hors des chairs. Sont-elles brûlées, saignent-elles? Peu importe. Poser son corps dans un coin et lui demander de se taire. 5_Produire du silence, du vent, des chants d'absence. Produire de l'immatériel, du rien, du vide. Décider que la trame de l'air transparent est le fil d'Ariane. Celui qui vous guide dans l'ailleurs que vous choisissez d'inventer. Appeler ce caprice "exigence". 6_ Reparaître neuf, transfiguré, lavé. La boue se dissout dans l'eau, est emportée par le courant, erre parmi les cailloux, s'accroche aux berges. Les morceaux se détachent de votre peau. Un à un. 7_Décider qu'aucun mot ne vient interrompre votre discours. Vous êtes seul à mener la barque effrénée de votre discours aux astres. Plantez des pieux sur votre chemin surplombés de têtes coupées, ensanglantés. Et commencez à faire rouler le sens sur chaque syllabe, entre les virgules, en saisissant les poignets de chaque phrase; sur la trame du silence accompagné de mots déverser des années de solitude contemplative, méditative.
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