01.10.2009

Vague.

http://www.youtube.com/watch?v=tIdIqbv7SPo&feature=re...

Voilà.

La plage est là, déserte, ouverte, offerte devant soi. Désir illimité prend ses quartiers quelquepart entre ici et soi.

Frange d'eau écumante froide contre les pieds nus, le bas des jean's relevés, frotte contre la peau bientôt irritée, rougie.

Voilà ce que je vois tous les jours en ouvrant les yeux : l'océan. Il me donne son nom tout bas. Je l'écoute. Je prend son nom en moi. Je l'emporte partout où je suis. Là. Ailleurs. Dans ma bulle il n'y a que toi. L'océan et toi : le vent. Rien, ici. Trop bas pour que les enfers ne viennent s'y déverser. Trop sale, trop laid, tout absent sauf.

Contre mes joues le vent frotte et s'invite à jouer. Dans le cou.

J'ai froid. Prends moi dans tes bras et essayons de faire semblant de s'aimer encore un peu.

J'ai roulé contre son corps mais le froid m'a envahit.

La plage est déserte, le vent souffle à perdre haleine, les grains de sable roulent partout, se jettent et tombent soudainement. J'imagine que je tends le dos de ma main et tout ce sable glisse.

C'est malin me suis-je dit ce froid, je tremble à présent. Mes dents claquent et mes membres trop douloureux me gênent pour bouger. Comment vais-je faire pour rouler jusqu'à toi?

Trop froid!

 

J'ai fuit.

J'ai fuit.

J'ai fuit.

J'ai fuit.

 

Le regard c'est étrange.

Il entre et sort de soi.

Parfois il pose.

D'autre fois il aime.

Il part un peu loin des fois.

Mais on le retrouve plus loin.

Ne me quitte plus, regard ou je t'échange contre une paire de glasses, noir corbeau, cerclé de fer, estampillée frimeuse de service.

J'ai envie d'écrire.

Le soir ça me prend comme une envie de voler.

A regarder passer les comètes, tourbillonner les amants, délirer les enfants.

Je saute à pied joint dans une marmite infernale où tout boue et bouillonne.

Les débiles jugent avec leur regard torve et leurs mains repassées de près, comme si elles n'avaient jamais effleurées le péché, fait dégorger le poireau du voisin d'en face ou tripatouillée l'entrejambe d'une voisine un peu proche.

Enchantée, je suis restée, demeurée, entièrement subjuguée par la profondeur de la débilité humaine

dont tu fait partie

ancien amant, nouveau menteur, futur exilé de mon coeur ou bien d'ailleurs.

Ah ça il parait que je rêve. Mais oui je rêve. C'est visible!

Au moins d'ici ou de là.

:p

Il parait que je rêve. Mais bien sûr, je rêve!

Et non

je m'ennuie plus profondémment qu'aucune pelleteuse ne pourrait creuser, plus lointainement qu'aucun avion ne pourrait aller,

bref c'est incommensurable cet ennui qui me saisit à la vue, à l'odorat, à l'ouie de tout ce qui m'entoure.

Donc je m'enfuie.

Je fuie.

Je fuie.

Je fuie.

Je fuie.

Encore et encore. Jusqu'au jour où j'aurais disparue...

Pff, envolée.............pour de vrai.

 

Ah au fait...

C'est le Premier Octobre aujourd'hui:

Ca se fête!

Champagne....

Vous entendez les bulles éclater, le vin couler.

C'est la fête du premier octobre.

Bon.

Ne me demandez pas ce qu'on fête

Je n'en sais rien.

Il parait que personne ne sait.

Chut c'est un secret.

 

 

 

 

Ps: Ca commencait bien, la plage déserte, genre : "j'avais déssiné sur le sable

son doux visage

qui me souriait,

puis il a plu sur cette plage et dans cet orage

Elle a disparu et j'ai crié

criéééééééé

AAAAAAAAAlllllllliiiiiiiiiiiiiiiine

Pour qu'elle revienne,

bref

C'est peut-être la sainte Aline le premier octobre.

 


Lendemain:

Voilà

ça me prend de nouveau

Ecrire

pour ne pas vivre

pour oublier ce que la vie a d'ennuyeux

de gênant

de saoulant

Voilà

devant moi de nouveau la plage

excellement déserte

Bien sûr je sais

Je n'ai pas décidé de céder devant ses tonnes de béton, ses tonnes d'ennui, je me suis endormie.

J'ai fuit.

Je fuie.

Je ne sais que fuir.

Disent-ils.

Que disent-ils exactement? (tendons l'oreille)

Cela et pire encore.

_Corbeaux!

Je répond Croa!

Non je ne crois pas.

Je ne crois plus.

En vous.

Mais en moi

seulement.

Je suis l'unique à savoir à quel point votre existence

in-existe

Ah oui

Je fuie l'in-existence

des ennuyeux aux tons sentencieux

Voilà

ca y est

J'ai libéré mon corps de leur présence

Je libère mon âme à présent

puis mon esprit

je reprends corps dans l'absence de ces prisonniers volontaires

Asservis!

Corps

Corps

Corps

 

Et

Ici

Maintenant

Ce corps m'appartient.

Il n'appartient qu'à moi seule.

Ses mouvements, son agilité, sa liberté sont mon seul

Lendemain!

 

 

 

 

 

 

 

 

08.06.2007

L'ombre des mots.

Place Jaures 090320 427.jpg

Je suis entrée dans l’écriture ainsi qu’une jeune mariée, le cœur battant à tout rompre, les tempes serrées dans un carcan de souvenirs.
Et ma robe était blanche, et mes yeux brillaient, et mon sang tournait violemment dans mon ventre…Le battement se répercutait sur les murs de pierres froides, celui des cloches d’acier frappées par la corde rêche, s’y mêlant. Au sol les lys fleurissaient dans les interstices des dalles de marbre. Mon visage était blanc, les marches froides, les colombes s’envolaient battant leurs ailes immaculées dans l’air haut du dessus de nos petites maisons…Blanches aussi les maisons.

Car sais-tu ceci….

Blanc contre blanc, le regard prend sa forme claire, entre en soi, observe sagement nos forteresses intérieures sombrer, inondées de lumière. J'ai saisit la plume d'une colombe, qui s’est enfuie éprise de vent, ivre de lumière. Je l’ai arrachée vois-tu car personne ne pense jamais à offrir une de ces plumes. Et j’ai tracé, imperturbable, sur l’épaisseur des murs et contre les dalles, le premier signe d’un alphabet, puis le second.

C’était étrange vois-tu de se savoir derrière des murs alors que le ciel couvrait l’espace au dessus des yeux, que je levais, que je levais. Puis que je baissais soudainement car sur le sol je découvrais des fragments rouges, ocres, des bâtons, des pierres, des mousses, des feuilles….Je pouvais les toucher, les assembler, les regarder encore, découvrir le mot « forme » sous leur poids laissé dans la terre après que je les ai saisit. La colombe s’enfuyait, à tire d’aile. Echappée de mon regard elle ne laissait derrière elle qu’une longue attente de ciel bleu. Je me suis dit pour la première fois le mot "empreinte" puis j'ai pensé  "trace". Je n’ai jamais oublié à quoi correspondaient ces mots, puisque je découvrais qu’écrire était cette archéologie de l’empreinte, puis l’assemblage des formes où menait l’envie de lier entre eux, les mots. L’orage…Il se mit soudain à résonner. Je pris peur. Je m’enfuis. En revenant, je constatais que la pluie avait tout effacé. Le sol était neuf…à nouveau. J'ai commencé à chercher... J'étais pâle d’avoir perdu mes souvenirs. Pâle d’avoir vécu sans l’empreinte laissée par l’ombre de mes pas. J'ai exploré les interstices lumineux que les vitraux coloraient, bu la poussière des lieux, noté la couleur des moisissures dans les coins humides, dessiné en aveugle le contour des meubles, frissonné au contact des statues de marbre. J'avais l'impression de soulever la peau des ombres... Je suis entrée dans l'antre des mots, cette caverne en marchant sur des allées dallées de dévotion. Les mains liées par la prière, les yeux levés vers l'au-delà. Parce qu'il existait un au-delà, comme il existait un revers vivant à chaque année de poussière oubliée là, je le sentais.

En écrivant je retrouvais ce chemin. Il m'avait conduit jusqu'ici. Marchant doucement pour ne pas faire fuir la poussière sous mes pas, j'exhumais ces manteaux d'ombre et de poussière. J'avais la bouche emplie de ces années viellies, les yeux mangées d'ombres dansantes. Je ne savais pas voir. Je ne savais pas dire. J'étais née sans parole. J'étais née hors de l'histoire, quelquepart entre ici et ailleurs. Je n'avais pas de nom. Autour de moi rien ne se semblait se détacher de l'obscurité.

Jour.

Nuit.

Quelquepart entre ici et ailleurs.

Jamais vraiment là.

Jamais totalement absente.

Jour. L'oiseau s'envole une fois de mon regard. Nuit.

Dans un repli de terre, j'ai trouvé en rêvant un récit à exhumer, des territoires à explorer, indéfiniment...une nuée d'étoiles à contempler, un millions d'yeux ouverts à l'horizon, une explosion de sourires dans les interstices, des traces de lumière derrière la toile, un silence d'avant monde.

 

 

 

01.04.2007

Nervures.

Sur la feuille asséchée par l'automne, je passe le doigt. Je sens les fibres sous ma peau. Sur ma gauche, un arbre est droit dans le vent. Dans la cour un peu plus haut, des enfants jouent. Je pense en rêvant aux longues heures de l'enfance, aux chutes dans la cour, aux courses échevelées...Comme les nuages au dessus, dans leurs jeux, mon sourire se perd. Mon souvenir se refait avec la couleur des ardoises grises sur lesquelles la pluie tombe. Bientôt 5h, j'irais quelquepart dans un coin de ma mémoire goûter une de ces énormes tartines de pain ancien au dessus d'un bol fumant de lait chaud...Si le trajet de mon souvenir ne me perd pas en route, j'aurais le temps d'y ajouter une cuillère de chocolat fondu. La cloche a sonné le glas de ma rêverie. Je reprend ma jolie feuille rousse et continue de regarder en transparence ces long fils qui courent sous sa chair de papier. Ma peau est pleine des frissons qu'un vent vient de faire naître. Tes souvenirs sont tombés au seuil de l'hiver semble t-il chuchoter doucement.

Oui c'est vrai, "le temps, passe..." et emporte avec lui le rire des enfants".

Comme dirait une chanson. 

19.03.2007

Milles et une nuit.

Quai de Valmy Pt Eph 6.jpg

Et puis reprennent les courbes de son silence, sinueuses, lentes; parce qu'au bord de sa respiration comme une falaise il y a l'épuisement.S'executent avec lenteur les marches saccadées de ses désirs, puis de ses répulsions, à moitiè hautes puis très basses, en sorte qu'une "marée" qu'elle découvre un jour dans un livre lui insuffle des réponses à demi-formulées : (oui une épaule de mots réconfortants avec lesquels on peut passer un moment). "Tout est là devant toi". L'objet de son délit est clair, transparent comme le fond sablonneux d'une rivière. Elle n'identifie pas, ne précise pas, enrobe son propos d'un indiscernable flou. Celui-ci lui donnerait envie de s'écrier quelquechose comme...et puis non. En équilibriste ses jeux s'éxécutent en hauteur, loin du blabla, du discours rapporté et de l'indispensable rationnalité attendue.  Sombre le film lent et silencieux d'une sonate accrochée aux bruits des vagues. A quelques pas, pour que ne se brise la mémoire sur un récif de connerie contemporaine, elle relit patiemment "le mythe de Sisyphe".

Encore un livre qui lui a permis de ne jamais tremper ses lèvres dans l'eau infestée des désirs des autres!