24.09.2009

888

Qu'on ne demande pas ce que durant tout ce temps j'ai fait.

Je reste coi;

Et ne dis pas pourquoi.

Il y a du silence, alors que la terre éclatait.

Aucune parole qui touchait;

On ne parle que depuis le sommeil.

Et l'on rêve d'un soleil qui riait.

Les choses passent;

Ensuite c'était indifférent.

La parole s'endormait lorsque ce monde s'éveillait.


 

 

Poème parut en octobre 1933, dans le numéro 888 de la revue Die Fackel, extrait de "Troisième nuit de Walpurgis" Karl Kraus aux éditions Agone 2005

 

04.05.2001

Larmes.

Amour céleste! et tendre! si je venais

A t'oublier, et vous fatidiques îles,

ô vous qui n'êtes plus que cendre

Sur votre feu, dévastées, désertes,

Iles aimées, prunelles du monde merveilleux,

Je n'ai plus désormais à chérir que vous,

Rivages où l'amour expie, mais face

Aux seuls dieux du ciel, son îdolatrie.

Car certains jours les saints s'y sont faits,

Et les héros farouches, de la beauté les trop

Dévots servants, et s'y dressaient

Les arbres nombreux, et bien en vue les cités,

Pareilles à un homme dans ses pensées;

Mais les héros sont morts à présent, défigurées

Les Iles de l'amour. C'est sa loi,

Fol est l'amour dans le monde et dupé.

Vous molles larmes, n'éteignez point pourtant

Un reste de clarté dans mes yeux; laissez

Un souvenir, que noble soit ma mort,

O trompeuses, voleuses, me survivre. 

HÖLDERLIN_

ODES,ELEGIES,HYMNES

NRF: poésie/GALLIMARD 

1993 

NB:

"Les larmes sont.  Les larmes vont. Où de beautés en désespoir, voguent nos coeurs enlacés."  

4/4/8  Exit Music. Radiohead. 

03.05.2001

Chiron

Ou es-tu, source de mes pensées? toi qui toujours

T'éloignes quand le veut l'heure, où es-tu lumière?

Mon coeur ne dort, mais la nuit acharnée,

La nuit toujours me tient captif de ses prodiges.

Moi qui jadis allais quêter les simples dans les bois,

épier

La tendre proie au flanc de la colline, jamais déçu,

Jamais trompé, même une fois, par tes oiseaux,

Car tu venais, presque trop empressée,

Quand poulain ou jardin te versait jouvence,

Pourtant conseil, quand au coeur; où es-tu, lumière?

Mon coeur ne dort pas plus, mais la nuit sans

coeur

N'a pas cessé, la violente, de m'entraîner.

C'était bien moi. Et la terre, de thym, de crocus

Et de blé me donnait son premier bouquet.

Et j'apprenais à la fraîcheur des étoiles,

Mais le dicible seul. Et à mes côtés.

Désenchentant les terres tristes et sauvages,

Marchait le demi-dieu valet de Zeus, l'homme

droit;

Or me voilà pour passer d'heure

En heure seul et coi, et ma pensée

Se forme de terre fraîche et de nuées d'amour,

A cause de ce poison entre nous, des visions;

Et je tends l'oreille au loin pour y guetter

Si un ami peut-être, un sauveur ne me vient.

Souvent alors j'entends son char quand à midi

Le dieu tonnant s'approche, entre tous famillier,

Que la demeure tremble et sous lui que le sol

Se purifie, que mon tourment se fait écho.

Et je l'entends la nuit, le sauveur, je l'entends

Porter la mort, le Libérateur, et tout en bas

Sous l'herbe luxuriante comme en visions,

Je regarde la terre, incendie violent;

Et changent pourtant les jours, et il vous vient

A les observer, fastes et néfastes, une douleur,

A être ainsi de forme double, et le mieux,

Il n'est personne qui le connaisse en rien;

Mais là est l'aiguillon du dieu; nul sans lui

Ne saurait aimer l'injustice divine.

Mais dés lors il est ici chez lui, le dieu,

Présent parmi nous, et transformée, la terre.

Jour ô jour! Vous voici qui respirez enfin, qui buvez,

O saules de mes ruisseaux! la lumière d'un regard,

Et droit s'ouvrent les voies, et vous

m'apparaissez,

En souverain, toi, les éperons mis, et à toi-même

Ton lieu, astre errant du jour,

Toi, ô Terre, berceau de paix, et toi

Maison de mes pères qui s'en allaient, incivils,

Dans les nuées de bêtes sauvages, courir.

Prends un cheval maintenant, ceins ta cuirasse et prends

Ta lance légère, mon enfant! La prophétie

Ne sera pas déchirée, ni vaine l'attente

Jusqu'à le voir enfin, le retour d'Héraclès. 

HÖLDERLIN_ODES, ELEGIES,HYMNES/ NRF: POESIE/ GALLIMARD 1993 

01.05.2001

Mystique.

MYSTIQUE

Livre I                                                                           X

Dans ce monde où rien n'est expliqué, on peut être sûr que ce qu'il y a de moins rare, c'est bien le mystère. Si pour être nés après lui, nous le trouvons naturel, il n'est que de recréer en nous l'instant de notre naissance pour donner à la fraîcheur l'arrière-plan d'ombre sur lequel elle est découpée. Rien n'amuse et n'égaie autant un homme que de voir un être enfoncé à son insu dans la situation à laquelle il est lui-même insensible. Sans s'apercevoir qu'il va être encorné, un homme rit de voir un de ses semblables poursuivis par un taureau.

Le mystère doit être touché d'une main très légère.                                     

                                                                                    XI

J'ai vu des bourgeois exiger de leurs fils qu'ils leur ressemblent et manifester ainsi que de les mettre au monde était une action aussi importante que, pour leur vanité provinciale, d'aller chez le photographe.               

                                                                                    XII

La nudité n'a pas de sexe, les larmes non plus, la transparence est l'âme de ce qui appartient à la vie sans passer par la différence des corps.                                   

                                                                                   XIII

La vie a des millions d'aspects et des ressources inépuisables. La beauté des choses est forgée dans l'attention que nous lui portons et ce que j'écris même vaut davantage par son accent que par son contenu. Aussi faut-il distinguer avec soin de la beauté ce qui n'en est que le signe, comme dans une forme de marbre où notre regard se dépouille de tout ce qui voilerait sa nudité.                                   

                                                                                   XIV

Le bonheur est passé très haut dans la brume, comme un oiseau dont on ne voit que l'ombre, et, dans les feuilles agitées, la fuite. Je venais de penser, en lisant le journal d'André Gide, que la partie apparente d'un sentiment ne tenait pas à la vie morale; et qu'elle en était à peine la faveur, avec ses larges fonds issus de l'état physique, quand, à peine averti que mon être spirituel était difficile à saisir et qu'il se tenait dans un monde où le temps s'écoule plus lentement, débarrassé soudain des soucis que la première heure venue peut résoudre, j'ai senti qu'à la même place, demain, je me tiendrais, la plume à la main, seul et sans contrainte à redouter; et cette paix infinie a aussitôt voilé les préoccupations les plus tenaces, comme si ce qui doit être le plus durable nous occupait avec le plus de ténacité et qu'il fût prêt à vivre à notre place. La tentation me venait d'emplir mon moi avec une passion capable de durer plus que lui.                          

                                                                                  XV

Je découvre mon oeuvre à l'âge où certains hommes considèrent qu'ils ont écrit la leur. Le succès de ce que j'ai publié anéantit mes doutes de provincial; une réputation que l'on m'a faite, d'auteur difficile dissipe mes préjugés d'écrivains. Il ne me reste qu'à prendre le ton d'un homme pour communiquer aux autres hommes le sens et la saveur de mon bonheur.                       

                                                                                XVI

J'ai acquis quelques certitudes : l'homme n'est pas l'enfant de sa mère mais de sa vie : et il doit s'attacher à en déchiffrer le langage : faisant parler les faits; et les traduisant dans sa propre langue, ou bien, conservant à ses événements leur caractère admirable; et choisissant celui qui doit être, par le poète, dégagé de son humanité. Tout cela est plus ou moins esquissé dans mes livres, il n'y a plus qu'à en retirer la leçon.

JOE  BOUSQUET

 

10.05.2000

Paul Celan

Psaume


"Personne ne nous repétrira de terre et de limon,                
personne* ne bénira notre poussière. 
Personne.

Loué* sois-tu, Personne.
Pour l'amour de toi nous voulons                                 
fleurir
Contre
toi.

Un rien*
nous étions, nous sommes, nous                         
resterons, en fleur:
la rose de rien, de
personne.

Avec
le style clair d'âme,
l'étamine désert-des-cieux,
la couronne rouge                                                           
du mot de pourpre* que nous chantions
au-dessus, au-dessus de
l'épine*."                                                                        

 

Paul Celan

 

*personne

*loué

*rien

*pourpre

*épine

09.05.2000

Victor Segalen

"Voici le lieu où ils se reconnurent, les amants amoureux de la flûte inégale ;

Voici la table où ils se réjouirent l'époux habile et la fille enivrée ;

Voici l'estrade où ils s'aimaient par les tons essentiels,

Au travers du métal des cloches, de la peau dure des silex tintants,

A travers les cheveux du luth, dans la rumeur des tambours, sur le dos du tigre de bois creux,

Parmi l'enchantement des paons au cri clair, des grues à l'appel bref, du phénix au parler inouï.

Voici le faîte du palais sonnant que Mou-Koung, le père, dressa pour eux comme un socle,

Et voilà, - d'un envol plus suave que phénix, oiselles et paons, - voilà l'espace où ils ont pris essor.


Qu'on me touche : toutes ces voix vivent dans ma pierre musicale."

Victor Segalen, extrait de Stèles

08.05.2000

Rainer maria Rilke

Les roses


I
Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
Heureuse rose,
C’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes,
Ensemble tout éveillé, dont le milieu
Dort, pendant qu’innombrables, se touchent
Les tendresses de ce cœur silencieux
Qui aboutissent à l’extrême bouche.


II
Je te vois rose livre entrebâillé
Qui contient tant de pages
De bonheur détaillé
Qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

Qui s ‘ouvre au vent et qui peut-être lu
Les yeux fermés…,
Dont les papillons sortent confus
D’avoir eu les mêmes idées.

 

III
Rose, toi, ô chose par excellence complète
qui se contient infiniment
et qui infiniment se répand, ô tête
d’un corps par trop de douceur absent,

rien ne te vaut, ô toi, suprême essence
de ce flottant séjour ;
de cet espace d’amour où à peine l’on avance
ton parfum fait le tour.

 

IV
C’est pourtant nous qui t’avons proposé
De remplir ton calice.
Enchantée de cet artifice,
ton abondance l’avait osé.
Tu étais assez riche, pour devenir cent fois toi-même
En une seule fleur ;
C’est l’état de celui qui aime…
Mais tu n’as pas pensé ailleurs.

 

V
Abandon entouré d’abandon,
Tendresse touchant aux tendresses…
C’est ton intérieur qui sans cesse
Se caresse, dirait-on ;
Se caresse en soi-même,
Par son propre reflet éclairé.
Ainsi tu inventes le thème
Du Narcisse exaucé.

 

VI
Une rose seule, c’est toutes les roses
Et celle-ci : irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.
Comment jamais dire sans elle
Ce que furent nos espérances,
Et les tendres intermittences
Dans la partance continuelle

 

VII
T’appuyant, fraîche claire
Rose, contre mon œil fermé,
on dirait mille paupières
superposées
contre la mienne chaude.
Milles sommeils contre ma feinte
Sous laquelle je rôde

Dans l’odorant labyrinthe.


 
VIII
De ton rêve trop plein,
Fleur en dedans nombreuse,
mouillée comme une pleureuse,
tu te penches sur le matin.
Tes douces forces qui dorment,
dans un désir incertain,
développent ces tendres formes

entre joues et seins


 IX
Rose, toute ardente et pourtant claire,
Que l’on devrait nommer reliquaire
de Sainte-Rose…, rose qui distribue
cette troublante odeur de sainte nue.
Rose plus jamais tentée, déconcertante
de son interne paix ; ultime amante,
si loin d’Eve, de sa première alerte,_
rose qui infiniment possède la perte.

 

X

Amie des heures où aucun être ne reste,

où tout se refuse au coeur amer;

consolatrice dont la présence atteste

tant de caresses qui flottent dans l'air.

Si l'on renonce à vivre, si l'on renie

ce qui était et ce peut arriver,

pense t-on jamais à l'insistante amie

qui à côté de nous fait son oeuvre de fée?

 

 

XI

J'ai une telle conscience de ton

être, rose complète,

que mon consentement te confond

avec mon coeur en fête.

Je te respire comme si tu étais,

rose, toute la vie,

et je me sens l'ami parfait

d'une telle amie.

 

 

XII

Contre qui, rose

avez-vous adopté

ces épines?

Votre joie trop fine

vous a t-elle forcée

de devenir cette chose

armée?

Mais de qui vous protège

cette arme exagérée?

Combien d'ennemis vous ai-je enlevés

qui ne la craignent point!

Au contraire, d'été en automne,

vous blessez les soins

qu'on vous donne. 

 

 

XIII

Prefères-tu, rose, être l'ardente compagne

de nos transports présents?

Est-ce le souvenir qui davantage te gagne

lorsqu'un bonheur se reprend?

Tant de fois je t'ai vue, heureuse et sèche,

_chaque pétale un linceul,_

dans un coffret odorant, à côté d'une mèche,

ou dans un livre aimé qu'on relira seul.

 

 

XIV

Eté : être pour quelques jours

le contemporain des roses;

respirer ce qui flotte autour

de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt

une confidente,

et survivre à cette soeur

en d'autres roses absente.

 

 

XV

Seule, ô abondante fleur,

tu crées ton propre espace;

tu te mires dans une glace d'odeur.

Ton parfum entoure comme d'autres pétales

ton innombrable calice.

Je te retiens, tu t'étales,

prodigieuse actrice.

 

 

XVI

Ne parlons pas de toi.

Tu es innefable

selon ta nature.

D'autres fleurs ornent la table

que tu transfigures.

On te met dans un simple vase,_

voici que tout change:

c'est peut-être la même phrase,

mais chantée par un ange.

 

 

XVII

C'est toi qui prépares en toi

plus que toi, ton ultime essence.

Ce qui sort de toi, ce troublant émoi,

c'est ta danse.

Chaque pétale consent

et fait dans le vent

quelques pas odorants

invisibles.

O musique des yeux,

toute entourée d'eux,

tu deviens au milieu

intangible.

 

 

XVIII

Tout ce que nous émeut, tu le partages.

Mais ce qui t'arrive nous l'ignorons.

Il faudrait être cent papillons

pour lire toute tes pages.

Il y en a d'entre vous qui sont comme des dictionnaires;

ceux qui les cueillent

ont envie de faire relier toutes ces feuilles.

Moi, j'aime les roses épistolaires.

 

 

XIX

Est-ce en exemple que tu te proposes?

Peut-on se remplir comme les roses,

en multipliant sa subtile matière

qu'on avait faite pour ne rien faire?

Car ce n'est pas travailler que d'être

une rose, dirait-on.

Dieu, en regardant par la fenêtre,

fait la maison.

 

 

XX

Dis moi, rose, d'où vient

qu'en toi-même enclose,

ta lente essence impose

à cet espace en prose

tous ces transports aériens?

Combien de fois cet air

prétend que les choses le trouent,

ou avec une moue,

il se montre amer.

Tandis qu'autour de ta chair,

rose, il fait la roue.

 

 

XXI

Cela ne te donne t-il pas le vertige

de tourner autour de toi sur ta tige

pour terminer, rose ronde?

Mais quand ton propre élan t'inonde,

tu t'ignores dans ton bouton.

C'est un monde qui tourne en rond

pour que son calme centre ose

le long repos de la ronde rose.

 

 

XXII

Vous encor, vous sortez

de la terre des morts,

roses, vous qui portez

vers un jour tout en or

ce bonheur convaincu.

L'autorisent-ils, eux

dont le crâne creux

n'en a jamais tant su?

 

 

XXIII

Rose, venue trés tard, que les nuits amères arrêtent

par leur trop sidéral clarté,

rose devines-tu les faciles délices complètes

de tes soeurs d'été?

Pendant des jours et des jours je te vois qui hésites

dans ta gaine serrée trop fort.

Rose qui, en naissant, à rebours imites

les lenteurs de la mort.

Ton innombrable état te fait-il connaître

dans un mélange où tout se confond,

cet innefable accord du néant et de l'être que nous ignorons?

 

 

XXIV

Rose, eut-il fallut te laisser dehors,

chère exquise?

Que fait une rose là où le sort

sur nous s'épuise?

Point de retour. Te voici

qui partages

avec nous, éperdue, cette vie, cette vie

qui n'est pas de ton âge.

 

 

 

 

 

extrait de Poèmes français. "Les roses". Rainer maria Rilke

 

 

 

 

07.05.2000

Paul Celan

« tu sais, ce qui s’est inscrit dans ton œil
approfondit pour nous la profondeur ».

 

06.05.2000

Emily Dickinson

"Nous nous habituons à la Ténèbre –
Quand la Lumière manque –
Comme lorsque, pour attester son Bonsoir
La Voisine lève la Lampe –

Un Instant – Nous marchons incertains
Dans la nouveauté de la nuit –
Puis – au Noir adaptons notre Vue –
Et tête haute – trouvons la Route –

Ainsi de Ténèbres – plus vastes –
Ces Crépuscules du Cerveau –
Quand nulle Lune ne se manifeste –
Nulle Étoile – au-dedans – ne perce –

Les plus Braves – tâtonnent un peu –
Et parfois heurtent un Arbre
En plein Front – mais à mesure
Qu’ils apprennent à voir –

Ou bien la Ténèbre s’allège –
Ou quelque chose dans la vue
A la Minuit s’adapte –
Et la Vie va presque droite."

(419)

 Une âme en incandescence

05.05.2000

Marceline Desbordes-Valmore

"J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées,
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir."

Marceline Desbordes-Valmore, Poésies posthumes, 1860

http://www.poetes.com/aut_rom/index.php

ce matin

closes

vent mer allées

vague rouge enflammée

en souvenir

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