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  • Des rives et des visages

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    Des rives aux courbes paresseuses, alanguies.
    D'où l'extrême pointe de lande appelle l'amarrage ultime aux confins des soleils en feu
    Etirées jusqu'aux tréfonds des terres;
    Comme s'ils envahissaient une faille sous un océan d'obscurité.

    Des rives étirées entre la mémoire et l'image présente,
    Rougeoyante dans l'air en feu.
    L'obscurité ( eau d'océan d'où ) les sanglots se meurent, se noient, longs en bouche... L'eau cet ether...Ethérées dis tu, ces paroles informes d'où l'on tire ces vagues mitrailles, de vagues attirails de faux poètes du jour qui finit...

    Ah...Des rives ce que l'on voit est si beau... Ces soupirs ont l'accent des regrets plus que des souffrances. Car vois-tu ce que l'on t'arrache est à chaque fois plus enraciné profondémment, plus lointainement extirpé de tes tripes qui suintent, suintent, en chuchotis affolants; de ces rives qui vont s'éloignant...

    De ceux qui te mènent jusqu'au matin cinglant

    celui que la terre dévoile avec d'obscures desseins,

    des traces rosées à peine dans le coeur des cieux?

    Dérives aux courbes audacieuses dont on garde l'accent serré au fond d'une gorge à peine éclairée,

    un semblant de rive qui décrit la courbe imaginaire de tes voyages intérieurs.

    Des rives aux visages découpés comme s'il s'était agit de côtes aperçues d'un lointain intérieur,

    des rives de dentelles crayeuses que tu aurais grattées pour simuler l'érosion naturelle. ( s'il s'était agit d'une prison)

    Des rives et des visages qu'au lointain on décrit comme familliers et qui s'éloignent inexorablement comme le fait dans la mémoire

     le souvenir en barque dérivante...

    Voici donc ce que ta mémoire livre et délivre régulièrement à la manière d'un ressac troublant dont l'écho frappe les contours de ton visage comme un vent longtemps appelé refuse de s'éteindre, refuse de te quitter.

    Des rives aux courbes adolescentes, aux lignes incurvées

    perdues

    dans la blancheur d'un jour de soleil.


    Au sel de tes lèvres

    supendu

    l'ombre d'un front automne,

    où meurt un frisson roux.

    Mouvement interne
    Se retourne en songe l'ombre de ton passage.
    S'exhibe au regard l'ombre de ton passage.
    S'invite à la lecture ce dernier mouvement.

    Dérive au coeur amarré.

    Des rives qui s'éloignent inexorablement,

    et cette machine qui avance sans bruit, qui ne peut revenir en arrière, que tu n'ignores pas, que tu ne peux ignorer.

    Ravagée, obsédée : la douleur ancrée aux lèvres qui repète inlassablement "adieu" comme si plus rien n'avait de sens, comme si ce mot malgré le sel que tu lèches sur tes lèvres n'avait plus aucun goût : adieu.

    Et cette image qui fond dans la nuit....

    s'éloigne, ne revient plus, ce sang

    qui trouble ton regard! 

    Rien d'autre que tu ne puisses entendre,

    les bords du navire qui frotte contre l'eau épaisse

    qui envahit ton coeur,

    Et la nausée qui monte inexorablement, qui envahira tout et ne te quittera plus.

    Elle sera désormais ton plus fidèle compagnon, ta plus fidèle compagne : la nausée.