29.11.2009

Carte postale.

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Derrière les jalousies, la lune observe, imperturbable le sommeil d'une femme. Les rues sont désertes. Le vent joue dans les couloirs de la ville ancienne. Le silence règne. De ma fenêtre entrebaillée, je peux l'apercevoir endormie. Je l'ai croisée ce matin, dans la rue. Nous marchions chacun vers nos domiciles respectifs.

Les jalousies de sa fenêtre sont blanches. La nuit lorsque le sommeil me fuit, je l'observe. Sa fenêtre reste entrebaillée. Il fait chaud ici. La lune cette nuit est rose. D'un rose élégant, à peine dilué par l'obscurité. Le lumière diffuse forme un halo pâle dans l'air qui sépare nos deux fenêtres. Je me perds dans l'observation de sa main qui dépasse des draps. Elle a l'air sereine cette main. Je l'imagine dans le creux de la mienne, toute de chaleur repliée, les doigts serrés au creux de ma paume.

J'avais déjà remarqué sa démarche, sa légèreté. Je la croise souvent depuis que j'ai emménagé dans cette rue. Elle m'a toujours semblé porter sur le visage les traces d'une douleur ancienne. Elle ne sourit pas. Enfin trés rarement, une fois seulement, son sourire a rencontré le mien. Son balcon est couvert de fleurs, elles tombent au sol, effleurent le mur : un rêve de femme, ces fleurs, en lianes colorées, libres au vent.

J'aime cette rue étroite du centre ville. Les murs hauts s'élèvent vers le ciel immense, les pavés au sol rappellent les jours anciens où calèches et voitures à bras étaient les seuls moyens de se déplacer. Mes ballades dans les rues qui serpentent m'entraînent souvent loin de chez moi. Je découvre des quantités de recoins superbes, envahies d'herbes folles, de graminés, de coquelicots. Il m'arrive souvent de regretter de ne pouvoir peindre ou dessiner ces endroits. J'aimerais en garder le souvenir quand sous la pluie je désespère du soleil.

Les ruelles étroites, le passage du temps sur la pierre, les dégradés vert de gris, les mousses, les lichens, tout ce qui s'accroche et germe dans les interstices, dans les failles de blocs de pierres, l'odeur de la craie, de l'humidité, des moisissures; ces petites fleurs blanches qu'au printemps les longues tiges sèches portent malgré le vent. Petites têtes blanches et fines qui attirent constamment mon regard, me rappellant la longue file des communiantes dans les allées étroites des églises d'autrefois. Il y aurait tant à écrire, tant à dire au sujet de ces quartiers que l'on découvre ainsi.

En relevant la tête je m'aperçus que les persiennes avaient été repoussées derrière les rangées de plantations posées sur le balconnet de son appartement. Elle était certainement absente. Il y avait sur le sol un petit arrosoir de zinc, un foulard était sagement plié sur le dessus. J'entrais chez moi. De ma fenêtre je photographiais son balcon désert, les objets au sol et un morceau de pot ocre.

Cette femme me rendait nostalgique. En préparant le thé, je glissais un cd de Clotrane dans la chaine hi-fi. L'odeur de la menthe mise à infuser emplit bientôt la pièce. "Love supreme" et la couleur du foulard s'accordaient à merveille. Je me mis à rêver d'elle dans un champs de graminés, portant un grand chapeau de paille...quelques secondes aprés je m'endormais.

Je ne savais plus trés bien où j'étais lorsque je me réveillais quelques heures plus tard. L'aiguille de l'horloge indiquait neuf heures du soir, était-il si tard? Je jetais un oeil du côté de sa fenêtre. Elle regardait la télévision, les reflets bleus dans son salon l'indiquait.

J'avais envie d'elle...J'aurais donné beaucoup pour me retrouver assis à ses côtés à ce moment. Mes cinquante ans me pesait soudain. Je pris une décision qui m'apparut comme salvatrice à cette heure. Je n'avais aucun cours demain; je pouvais me permettre d'aller trainer au bar ce soir.

Le café d'en bas, au coin de la rue, avec ces murs couverts de vieilles photographies de famille, m'attirait. On pouvait tranquillement descendre ses verres de rouge sans que quiconque ne vienne déranger l'entreprise d'ennivrement en cours. Picoler sans ennui, ça c'était bien un rêve de poivrot français! "Ah le petit vin blanc...". Mais moi c'était le rouge qui me tenait, le gros rouge amère et aigre, celui qui filait des ulcères à mon médecin et à mon estomac en passant.

Il valait mieux que je rentre seul ce soir, j'aurais eu honte d'infliger une telle haleine à une femme et surtout pas à celle que je passais le plus clair de mon temps libre à observer de ma fenêtre. Un seul de ses regards désappobateurs m'aurait cloué sur place, mieux valait être discret en rentrant ce soir, histoire de ne pas provoquer le destin...

La patronne du bouge s'appelait Sandrine. Elle était vieille et ratatinée. Je me demandais toujours comment son crétin d'époux faisait pour lui monter dessus. Le pire je crois c'était la couleur noir corbeau de ses cheveux qui on pouvait se douter était gras et courts. Son nez était si pointu qu'on aurait pu facilement lui attribuer une parentée directe avec un pivert. Mais Woody le pivert était cent fois plus drôle qu'elle et quand je la voyais descendre son verre de rouge, j'avais trés largement envie de vomir en me disant que ses pellicules avaient pu tomber dans le mien, de verre! Finalement j'allais mieux, en pensant ces horreurs je me disais que la déprim' était dans mon dos et je me retournais en pensée pour la saluer. Ah Sandrine! Sandrine...: "si vous aviez pu lire dans mon sourire mielleux tout le fiel que mon cerveau venait y déverser....Ca vous aurez cloué le bec et vous l'auriez fermé pour un petit moment votre boîte à canigou"!

Son cloporte de mari se prénommait Philippe, il avait l'air aussi intelligent et éveillé qu'un troupeau de veau à l'heure de l'abreuvoir! Le toutou jappait sagement chaque fois que "bobonne" poussait une gueulante. Le torchon sur l'épaule il arrivait en trainant son gras avec lui! Ce que je préférais de lui c'était les auréoles de sueurs qui accompagnaient chacun de ses mouvements d'une étrange odeur de poubelle croupit. Charmant couple que je regardais aller et venir avec autant de gentillesse dans le regard qu'un "umpiste" faisant l'inspection d'une banlieue un jour d'émeute.

Ca me passait les nerfs que voulez vous! J'étais seul, vieux, con et j'adorais cela. Ma connerie, ma méchanceté et moi on s'éclatait finalement. La vieillesse c'est carrément plus drôle avec la pointe d'acidité que donne l'amertume. Eh oui, faut vous dire vous les minots, c'est qu'à mon époque on se marrait pas des masses! C'était voire moins que rigolo la jeunesse des vieux d'aujourd'hui. Carrément pénible! Pour baiser on devait jouer à cache-cache avec la milice des parents, fumer c'était à peine toléré, boire c'était pire que tout! Et les joints je vous dis même pas ce que ça pouvait donner, genre carrément la désintox chez les dingues, directement! Fallait s'accrocher pour supporter tous ces vieux croupions qui vous pourrissaient allègrement la vie, en ayant en plus l'air d'aimer cela : fallait voir l'ironie dans leurs yeux! Et leurs petits sourires malins...genre t'avait une de ces envies de leur mettre ton poing dans la gueule!

Alors évidemment avec le temps je suis devenu carrément con, c'est surtout mes pensées qui le sont, en règle générale, je ne montre rien. J'écris mais je ne dis plus rien, parce qu'en fait m'entendre ne m'interesse pas énormément. Et il faudrait hair le monde entier pour avoir envie d'infliger cela à qui que ce soit!

Toujours est-il que je passais la soirée à reluquer le couple d'infâmes tenanciers de bistrot qui me servait, la pompe à rouge à la main, aprés chacune de mes interventions discrètes. Evidemment je descendais le litron le petit doigt en l'air.

Je pourrissais de l'intérieur avec une certaine grâce je dois dire.

La Sandrine avec sa coupe militaire et ses lèvres ridées, pincées comme le cul d'un cog, me regardait souvent avec une sorte  d'incompréhension étrange. Je voyais bien qu'elle ne comprenait pas grand-chose à ma présence dans son bouge. Ca m'amusait de lui sourire avec gentillesse à ce moment là. J'imaginais son cerveau embrumé essayant de compter pingrement le nombre de verres avalés. Ca faisait 1+1+1=? dans ses yeux et je me retenais de lui proposer une calculatrice....Cela eût pu être drôle me soufflait mon démon intérieur, mais finalement je préférais attarder mes pensées sur le velouté de la main recroquevillée qui dormait à quelques mètres seulement de moi.

Il valait mieux reprendre mes rêveries d'étudiants boutonneux plutôt que de continuer à tenter d'humilier cette pauvre femme dont évidemment les seins qui pendaient sur le gras d'un bourrelet de ventre m'inspirait beaucoup plus de pitié, que de haine finissais-je par me dire avec une telle mansuétude que j'en aurais presque eu les larmes aux yeux devant tant de bonté.

Oui la mansuétude et la pitié faisait partie de mon éducation et j'avais beau m'entraîner à être différent je n'arrivais jamais vraiment à m'éloigner de ces restes d'éducation bien-pensante. Ca rattrapait ma méchanceté naturelle me disais-je vaguement. Quoique quand ça me prenait je n'étais pas vraiment très fier de moi. Mais bon en entendant les histoires ignobles qui arrivaient un peu partout je ne devais pas être pire que les autres. Toujours est-il qu'en rentrant vachement bourré, titubant, ahannant comme une grosse barique, je regardais désabusé au-dessus de ma tête les persiennes de la belle plongée dans le sommeil. J'avais l'air hagard de l'animal en rut qui sait que la femelle est dans le coin.

La rue était absolument déserte. Les rues avoisinnantes aussi. J'étouffais dans la nuit épaisse.

Avec l'alcool j'avais crû pouvoir échapper un instant à la grâce de cette main blanche dans le reflet de la lune, mais en fait, c'était pire. La main revenait avec une présence extrêmement gênante comme si elle avait envahie une partie de mon cerveau. J'avais mal. Mon coeur se soulevait et se serrait douloureusement à chaque respiration. Comment faire autrement? Quelles pensées invoquer pour sortir de l'impasse où le désir me collait avec la violence d'un vent sec. Je tentais d'imaginer ce que je pouvais faire pour approcher la jeune femme en question. Ma vieillesse m'insupportait à nouveau. A croire que je puais la mort alors que mes yeux voyaient encore, que mon coeur battait avec la régularité d'un tic tac de réveil-matin et que mes pieds finiraient par me conduire invariablement vers le lit que j'entrevoyais dans l'angle de ma chambre.

Comment échapper à cet enfer de solitude, de silence et de mort annoncée? En rentrant je me posais lourdement sur un des fauteuils, l'oeil vitreux. La sueur coulait de mon visage. J'étais gras. Je le savais. j'ouvrais un des placards et finalement me dis-je tant qu'à toucher le fond autant trouver un compagnon de jeu un peu classe : la bouteille de whisky avec les dorures sur l'étiquette me rendit à l'humeur joyeuse.

Oui elle était vraiment belle cette femme et même si je n'avais aucune chance de vivre quoi que ce soit avec elle. J'allais peut-être juste pouvoir continuer à l'observer, à la rêver, à la désirer. Le désir est un chien galeux. Il te traîne comme un bourreau contre les barreaux de ta prison de chair. Rien! Il ne t'épargne rien de toutes ces donzelles énervées qui filent dans les rues, dans les magasins avec leurs jupettes flottant au vent, leurs cheveux longs et dénoués, leurs gorges nues, leurs corsages inexistants et leurs bras qui semblent si doux dans la lumière de l'après-midi, l'été. Et moi cette nuit là je  me sentait tellement vieux et usé, fatigué par toutes ces années de désirs inassouvies, de fantasmes inavoués, de combat contre les tentations de l'existence. Vieux d'avoir vécu si sagement, si tranquillement même quand ce fichu désir me tenait éveillé comme cette nuit, les pensées vagabondes, le corps presque mort d'être si reposé mais les yeux légèrement humides, posés sur l'espace entre nos deux fenêtres, dilués par l'air légèrement rosé de la pleine lune, de cette nuit étrange, divaguant au rythme nonchalant des fleurs et des branches lourdes qui trainaient contre le mur d'en face. Vieux si vieux que lorsque je tombais dans le sommeil j'eus la curieuse impression que j'étais en train de partir pour de vrai. Un sac en chute libre, voici les derniers mots que j'eus le temps de formuler avant l'inconscience!

 

12.11.2009

Trois afghans.

J'ignorais, comme tout le monde jusqu'à présent qu'il était possible de renvoyer des réfugiés dans un pays en guerre.

Heureusement que nos amis du gouvernement existent, j'aurais pû continuer à l'ignorer.

C'eut été franchement dommage.

Ah j'oubliais.

En ce moment le long du canal, la nuit il doit faire en dessous de zéro.

 

Je rentrais un soir

un peu tard il est vrai,

peut-être n'aurais-je pas dû,

mais tout de même,

j'hésite encore à rester cloîtrer chez soeur marie-josette

(je suis encore un peu jeune il me semble

et tant que ma moustache,

qui n'est encore à l'heure actuel qu'un doux duvet, n'aura pas atteint

une dureté suffisante,

eh bien j'attendrais.)

donc je disais :

 

"La nuit était tombée depuis un moment, je marchais."

 

 

Bon c'est vrai je commençais à m'ennuyer.

Je n'aime pas marcher ça m'ennuie.

J'aurais préféré -ailes ou -roulettes,

mais le créateur s'est foutu de moi en me mettant sur deux jambes

qui me servent juste parce qu'il le faut bien.

Oui je marchais à m'ennuyer à mourir.

Mais c'est juste un effet de style.

Car en réalité je trottais (oui je trotte moi bien sûr.) gaîement vers ma couette,

en pensant aux courses du lendemain et soudain :

" Que vois-je, qu'entends-je, qu'ouïe-je d'aussi loin que je pus?!"

"Olah compagnon, koitesse?! Mais bougre d'andouille et tuti-frutti, c'est bien cela!"

 

 

_Quoi ?!

 

(oui je sais j'ai l'air débile mais j'étais seule ce soir-là et pour mettre un peu de vie et constituer un semblant de dialogue je suis bien obligée de m'interroger et par là même de me répondre sinon j'ai l'air encore plus stupide, voyez-vous.)

me répondis-je donc à moi-même,

en pensant toujours et de plus en plus sérieusement à l'ombre portée de ma couette pliée sagement sur mon lit....

 

Des flics!

Ah oui...

Ca c'est des flics!

(oups la hop qué passa en la ciudad por aqui et por là aussi)

Mince me dis-je encore

(eh oui je me parle beaucoup comme ça je suis certaine de ne pas trop m'ennuyer)

Mais qu'ai-je fait à mon père le créateur pour les croiser tous les jours qu'Il fait?????

(d'ailleurs un peu comme ça lui chante, pff mais bon)

Eh oui pas un jour sans eux.

Je ne suis pas recherchée. J'ai vérifiée sur le site d'Interpol. Rien sur moi.

Bon évidemment à ce niveau du récit après m'être esbaudit autant que je le pouvais, je m'interroge sur leur présence.

Et ce que je découvre me fend le coeur une nouvelle fois.

 

"Dans le froid glaciale, contre le trottoir et dans les courants d'air tourbillonnants sous les arcades des immeubles avoisinants

les afghans

dorment habituellement."

 

Sauf que là, peut-être se sont-ils dit soudainement que près des fenêtres sous les auvents que forment les balcons ils auraient peut-être un peu moins froid, et puis ils ont poussés l'audace jusqu'à s'entourer de papier bulle et autres cartons droit sortis des poubelles afin d'avoir, à moins que ce ne soit une lubie mais j'en doute,"un peu" moins froid. Quoique ça reste à prouver, la thermodynamique du papier-bulle n'étant pas trop ma spécialité, je n'ai aucune information sur le sujet. (non ce n'est pas la peine d'essayer je n'irais pas tester).

 

Franchement on ne peut pas trop leur en vouloir vu le froid extérieur, on se dit qu'humainement c'est un peu normal!

Oui je me dis ça en passant. Mais bien entendu pour ceux que ça effraie "ça ne m'engage à rien de dire ça, voire même de l'écrire, et encore moins de le penser". C'est pas encore interdit. Quoiqu'on ferait mieux de se méfier vu la vitesse à laquelle ça se précise, lentement il est vrai mais assez sûrement, d'après ce que je peux voir ( pas grand-chose d'ailleurs, juste assez) ou entendre ou croiser les soirs où je me sens heureuse de marcher seule dans les rues désertes sans craindre autrechose que l'ennui. Mais bon par rapport à certains autres l'ennui c'est assez sympa finalement et puis ça ne me change pas, j'ai l'habitude, l'ennui me suit comme un grand manteau que j'enfile parfois quand j'ai un peu froid. Mais jamais autant que ceux dont je parle ici. Nous en étions donc à ..... oui je sais je ne peux pas m'empêcher les appartées, à croire que ça me distrait!

Donc je disais :


"Franchement on ne peut pas trop leur en vouloir vu le froid extérieur, on se dit qu'humainement c'est un peu normal!"

 


 

Ben non.

( Reprends moi ça un peu voilà que je délire !!!!

"humainement"

non mais franchement je me demande bien où est-ce qu'il y a de l'humain dans ces situations.)

 

Ca n'effleure certainement ni le voisin bien au chaud presque sous sa couette qui s'est ému auprès du téléphone le plus proche relié au commissariat pour expliquer que franchement le "désordre" occasionné par ces gens est bien suffisant mais qu'en plus cette nuit* ( oui ma bonne dame voyez-vous ça un peu, on les accueille et voilà t-y donc pas qu'ils nous font des saletés partout à ouvrir les poubelles et à dormir là) Oui je sais je viens d'inventer toute seule comme une grande l'expression "s'émouvoir auprès d'un téléphone relié au commissariat... c'est beau comme un verre à pied je sais.

*ils ont osés se découvrir une passion pour ses bas de fenêtre.

 

Mais que c'est laid un voisin!

(Laid c'est un petit mot quand même, par rapport à ce que cela m'évoque en vrai. Oui je trouve ça honteux. On vit dans un pays riche. On est assis sur des gros tas d'or et on passe son temps à pigner comme des mendiants. Pire que des mendiants, parce qu'eux en règle générale ils ont des raisons de se plaindre. Eh oui. On pue la honte dans ce pays. Gavés comme des gorets, la bouche pleine de graisse et le cul bourrelé de cellulite, on dégouline tous dans le saindoux. Ca me fout la gerbe perso. J'ai honte franchement.)

 

 

Et puis les autres là

ils arrivent à la manière de John Waynes,

et ils se mettent à éructer

entre eux

l'air passablement mauvais

(comme seul peut en avoir l'air un policier de mauvais poil,

genre il fait froid dehors

qu'est-ce que c'est que ces gus qui me font sortir le nez dehors)

 

 

 

Bref, il faisait trop froid finalement pour que ce soit ne serait-ce qu'un peu cocasse!

Et vu la tête de la maréchaussée, je n'ai pas eu envie de m'attarder ne serait-ce que pour voir le genre de choses qu'ils sont capables de faire la nuit ou bien même prendre une photo-souvenir. ( mais quelle bonne idée tiens, passer la nuit entourés de clodos au poste pour une photo et avec mes poumons patraques j'ai pas franchement envie et vu la vitesse à laquelle la médecine a décider de m'ignorer mieux vaut encore que je m'occupe de mon "..." voyez-vous!" si je veux survivre à la prochaine décennie.)

 

"Pourtant je les ai vu

faire remettre les cartons et papier bulle dans les poubelles,

les faire sortir de leur lit d'infortune à coup de : "Eh bien voyez-vous cela"

la jambe pendante et le regard salement énervé,

pendant que les autres s'éxécutaient

un peu honteux

d'être sous le feu

d'un tel

regard."


Les chiens ont trente millions d'amis et je connais une grand-mère qui achète de bon gros steack hâché pour son toutou chéri.

Les afghans n'ont ni trente millions d'amis, ni les grand-mères qui achètent des steacks de viande rouge et fraîche pour eux,

mais ça ne fait jamais rien à personne,

les voisins appellent les policiers,

les policiers arrivent

et font dégager les "bougnoules" du jour.

Voilà tout.

Et le monde continue à tourner à toute vitesse.

Mais ça franchement je m'en fous plus vite encore qu'il ne tourne.

Par contre ne pas pouvoir rentrer sagement chez moi sans tomber

sur ce genre de scènes contre lesquelles je ne peux strictement rien faire.

Eh bien voyez-vous :" je ne m'en fous pas!"


// --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // --> // -->La porte!

09.11.2009

Exceptionnel.

Gérard Thalman

ici

Songe d'été. 1991. Acrylique sur toile. 200 x 200cm. ( Collection particulière, Genève, Suisse )






Marche ou rêve.

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Je rêve d’un ailleurs, et j’en rêve si fort,
Les mots pour le chanter hantent à ce point mon corps
Qu’ici, je ne vis plus ; qu’ici, je me repose.
Je n’ai plus que l’amour pour donner à ma prose
Le souffle suffisant, l’envergure, l’espace !
Les maîtres-mots, jeunes et vieux, je les embrasse.

Il faut se faire grand, lorsque l’on naît primate.
Le crâne mal fichu, vacillant sur deux pattes
Et cette peur innée de ce qui nous entoure ;
Il faut rêver ; rêver ! Tous ces chemins trop courts
Ne mènent qu’à vieillir... La raison ! Le profit !
Je veux choisir d’aller au-delà de la vie.

Un jour, quand l’horizon blêmit de taches froides,
Quand les vieux idéaux ont périt en croisade
Et que les survivants, fatigués, se pardonnent,
On se donne le temps ; les douleurs se cramponnent
Aux parois de nos nuits, comme des parasites.
Il n’est plus temps, déjà ; les mânes nous habitent.

Sagesse ! Tu n’es rien qu’une façon étrange
Que trouve le valet, l’homme faible, l’archange,
D’accepter le tourment qu’est sa disparition
Dans la voracité crâne des conditions.
Humains, sous conditions ! Poètes en sursis !
Bazardés, balancés comme du pain rassis !

Rêver, rêver d’ailleurs ; crever de ses chimères,
Grignoter dans la main de la nuit la lumière,
Se convaincre d’un coup ! d’un seul coup ! de l’ailleurs.
Y croire ; se glisser dans un bain de couleurs
Et se noyer, perdu, forme parmi les formes...
Mon rêve vous attend ; venez, que l’on s’endorme.

Enfants et vieux enfants, la poésie vous berce,
Et par elle, prenez le chemin de traverse ;
N’écrivez plus : vivez ! Les mots sont un refuge,
Un vrai, une maison, où les cris du déluge
Ne vous atteignent pas... Miracle de sourdine,
Cathédrale feutrée des âmes enfantines ;

Aujourd’hui, c’est mon jour ; c’est la marche du rêve.
Comme des fantassins, les utopies se lèvent
Et marchent sur le monde en chantant “Liberté” !
Une voix ! Un élan sauvage de fierté !
Dans le spectacle mou de ce monde trop fade,
Je lance mon soleil contre les barricades.

Message Zlatko le Dim 18 Oct - 19:16

ICI

Running in water #5 par chupacabra.art






05.11.2009

Terra Libra.

Je cherche une terra libra, je cherche ma terra libra

Où vivre grande et forte et belle, plantée sous les étoiles du soir, plantée sur la terre au zénith, les bras tendus vers le ciel et les cheveux bardés de vent.

Terra libra, tes rivages dorment au fond d’une mer inexplorée,

Et tes enfants croquent aux fruits des arbres, leurs jambes ruissellent de l’eau des sources et leurs yeux songent avec sérieux

Terra libra, je te rejoins quelquefois.

 

Ici

A l'honneur.

http://inzecity.com/

 

 

 

 

01.11.2009

Je lis des auteurs mineurs.



Je lis des auteurs mineurs.
Est-ce ma faute ?
Ne serait-ce point eux les coupables ?
Coupables de ne pas faire la une des journaux, de n’être pas invités dans les studios radio, de ne pas jouer à la potiche dans les quelques – et piteuses – émissions télé, de ne pas rafler les super prix ?
Je vous le demande. Il font quoi, les auteurs mineurs ? Ils restent dans leur coin, ils ne font pas de bruit. Parfois, ils sont morts. C’est pas bon, ça. Ça fait vieux, dépassé. Vraiment, ils exagèrent, les Forton & cie.
Je lis des auteurs mineurs. Publiés par des maisons d’édition qui tirent le diable par la queue. Publiés, aussi, parfois – il faut le dire – par de nobles maisons d’édition, dont les priorités ne sont peut-être pas les mineurs. Je ne sais pas. Ou si, un peu.
Pourtant, avant d’être « majeurs », de faire la une des journaux, etc. (voir plus haut), il faut bien commencer : il faut bien être mineur, autrement dit, pas connu, pas reconnu. Etre mineur, ça peut durer… une vie.
Pourquoi ce coup de blues automnal ? Je viens de rencontrer, de court passage en France, David Albahari. Il était invité dans une librairie (L’Arbre à lettres, Paris 5e). Je pensais que ce serait plein à craquer de lecteurs. Pas vraiment. Mais chapeau aux téméraires libraires !
Des David Albahari, il y a en des tas. Je le sais bien.
En France, l’auteur en question est suivi de près par son traducteur, Gojko Lukic. Il est publié par deux maisons d’édition. Gallimard pour les romans. Les Allusifs pour les nouvelles. Ce mois-ci, deux nouveautés : Sangsues, un roman fleuve aussi inattendu que le Danube. Et Ma Femme, des histoires courtes, sarcastiques. Pour ces Lectures buissonnières, David Albahari a écrit spécialement une nouvelle intitulée Des plumes et du Goudron (à relire ici).
Je râle, je râle.
Je n’ai rien dit des lecteurs. Ils font quoi les lecteurs ? Sont-ils eux aussi coupables ?
Je ne sais pas.
A tous (sauf les bandits & cie) : à demain !

.

Martine Laval

 

20.10.2009

Projet

Pierre Cendors

Engeland, mon deuxième roman sera publié en 2010 chez Finitude. Depuis de longues années, écrire est une passion et une nécessité intérieure. Je n’en vis pas, j’ai fait et continue de faire de petits boulots (serveur, illustrateur et actuellement, le... ménage dans un centre de loisirs) pour préserver ma liberté créative. Mais voilà, pour moi comme pour beaucoup d’écrivains aujourd’hui, la même question se pose.

Comment, dans un paysage littéraire surpeuplé et industrialisé, comment aider un roman à exister, simplement à vivre ? Situation qui se complique quand l’éditeur (un dauphin parmi les gros cachalots de l’édition) est indépendant !

La situation comme la question incitent à ne pas s’en plaindre et de devenir une fois de plus créatif et même très inventif ! Mieux encore, elles suscitent des collaborations inédites et révèlent des talents cachés !
C’est le cas de mon projet.

J’ai eu ainsi l’inspiration de monter un petit film de deux à trois minutes pour vous ouvrir la porte de mon roman.

Qui dit film, dit musique, dit réalisateur, dit actrice.

L’équipe est au complet, le scénario du film est prêt, la musique est composée, ne reste plus qu’à donner le premier tour de manivelle. Une aide financière me permettra non seulement de rémunérer mes collaborateurs et de soutenir leur talent, mais aussi de faire un travail de qualité.

C’est ici qu’intervient Moongata, ce nouveau portail communautaire qui aide à financer des projets dans différents domaines (littérature, chanson, film,etc)

Pour soutenir mon projet et/ou celui des autres participants (par exemple comme celui de ma compagne : Slunicko, "catégorie chanson"), il suffit de s’inscrire (c’est gratuit) et de voter. Le projet retenu recevra un soutien financier.

L’envie première, au-delà de lancer un roman et de permettre à un dauphin de cohabiter avec les cachalots, c’est de réaliser en équipe une véritable petite œuvre de création qui prolongera l’univers du roman. Alors si vous vous sentez inspiré de soutenir ce projet, n’hésitez pas. Merci !

Pierre Cendors - Projet ENGELAND (catégorie littérature/nouvelles/romans)

15.10.2009

A découvrir.

 

LE PARADISIER (roman flottant) de frédéric Clément

 

 

 

Sont rassemblés, ici, les extraits du PARADISIER (roman flottant) distillés au conte-gouttes sur TWITTER : http://twitter.com/lePARADISIER

Une vidéo-lecture de 16mn 46 du PARADISIER, dit, mis en sons, en musique et en images par frédéric Clément, est à regarder sur DAILYMOTION :

http://www.dailymotion.com/user/frederiClement/video/xakz...

Et un enregistrement de 16mn 46 du PARADISIER, dit, mis en sons et musique par frédéric Clément, est en écoute sur MYSPACE : http://www.myspace.com/fredericlementeco

© Le texte "Le Paradisier", ici, l'enregistrement et sa musique sur Myspace sont protégés. Tous droits appartiennent à frédéric Clément, l'auteur. Pour tous usages, merci de lui en faire la demande à  fredericclement@orange.fr

Extrait pris sur le site.

 

 

Rare "(s) (oui je sais je rectifie, là, voilà c'est fait, que le premier qui n'a jamais fait des fautes d'orthographes, d'inattentions et ou de distractions je m'en foutistes, me jette un tas de stylos bicssssssssssss, vilains yeux de hyène professoral va!) donc je reprend ma conversation

Rares disais-je donc sont les auteurs dont j'aurais eu envie de parler ici. Celui-ci fait exception:

Oui d'accord c'est pas très français mon truc mais il est tard!


http://leparadisier.blogspirit.com/

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