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  • Un amour fou/

     

     

    Un amour fou me tenait. Sur les murs partout autour de moi, s'exprimaient des talents inconnus. Sous leurs doigts habiles, engourdis par le froid, des images. Contre la pierre sale des murs de la ville : des histoires. Des dessins, de la couleur et des formes dont je ne me passais plus, que je regardais éperdue d'ailleurs, d'autres, d'autrement, rêvant à tous les paysages que ces cerveaux transcrivaient, à tous les rêves que ces gens que je ne connaissaient pas faisaient loin de moi. Comment pouvais-je supporter de ne pas faire partie de leur imaginaire? Je ne le supportais plus justement! Je voulais que ces mots, que ces formes résonnent en moi, répondent à ces rêves délicats que je conservais à l'abri de la dégradation produite par l'air et le temps...une folie! Je vous le disais. Je voulais rejoindre ce paradis de couleurs, de lignes distendues qui jouaient à traverser l'espace à toute vitesse secouées par des tremblements, frissonnantes, émouvantes et joyeuses. Il me semblait qu'à force de fixer une de ces peintures, un de ces graphitis, je serais soudainement transportée dans cet autre monde aux lois de la pesanteur abolies. Là, je le sentais, je pourrais enfin rire.

     

     

     

     

     


  • Le ciel et soi.

    Le ciel est toujours plus grand que soi.

    L'être humain imbu de lui-même, emplit de sa prétention, se rengorge et se gausse.

    Comme un paon idiot, il se pavane devant le monde.

    Ridicule bout de chair planté sur deux pieds, il oublie qu'il n'est toujours pas maître du

    monde

    et de ses

    tremblements,

    encore moins de ses

    foudres.

    Aujourd'hui : "Haïti" à l'heure où j'écris on ne connait pas encore le nombre de

    morts.